Certaines n’avaient jamais vu la mer – Julie Otsuka

Certaines n’avaient jamais vu la mer est le deuxième roman de Julie Otsuka, publié aux éditions Phébus (Littérature Etrangère) en août 2012. Ce court roman de 142 pages a reçu en novembre 2012 le Prix Fémina Etranger. Une distinction largement méritée pour cette auteure, et une thématique de roman qui, lorsque l’on consulte sa biographie, semble lui être proche et familière…

Certains n'avaient jamais vu la mer

« Illustration de couverture : © Arman Zhenikeyev/Corbis »

Nous sommes au XXè siècle, à l’aube de la Guerre. Elles, sont de (très) jeunes Japonaises fraîchement arrivées aux Etats-Unis, après un long et difficile voyage en mer. Promesse de vies nouvelles, de mariages avec des hommes riches et beaux sur le territoire américain. Filles de paysans, de pêcheurs, elles n’imaginaient pas un instant que le rêve américain pouvait si rapidement se transformer en cauchemar… Des désillusions en série, du mari rustre, simple ouvrier agricole, au travail pénible dans les champs, en passant par le mépris qu’inspire leur nationalité à cette époque aux américains. Ces femmes, déracinées, brutalisées, rejetées, s’accommodent pourtant de cette vie, aux antipodes de leur ancien quotidien. D’autres, pas…

J’ai été transportée par l’écriture de Julie Otsuka, par la puissance des descriptions si précises, du « nous » utilisé tout au long de l’intrigue. Ce « nous » qui laisse transparaître le lien qui unit toutes ces femmes dans les épreuves, rêvant pourtant à des conditions meilleures, mais qui ne se plaignent jamais. Tout bascule à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, qui a opposé les Etats-Unis au Japon. On en apprend alors plus sur le sort réservé aux Japonais expatriés / aux Américains d’ascendance japonaise vivant sur le territoire US. Bien qu’étant une oeuvre de fiction, Julie Otsuka s’est largement documentée sur les faits, ce qui donne une dimension tout à fait réelle à ce qu’elle narre à travers cette histoire. Un élément supplémentaire qui donne tout son sens à cette oeuvre, récompensée à juste titre par le Prix Fémina Etranger 2012.

Je vous laisse la découvrir…

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