La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel – Romain Puértolas

La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel - Romain PuértolasContinuant sur ma lancée (voir mon article précédent), j’ai voulu lire le nouveau roman de Romain Puértolas, La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel (éditions Le Dilettante, janvier 2015). L’attente était grande, la peur d’être déçue était bien là, car j’avais beaucoup apprécié ma lecture de L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa. Le passage de l’auteur à « La Grande Librairie » m’avait cependant laissé pensé que cette histoire était différente de la première. Intriguée, c’est avec tous ces éléments en mémoire que je me suis lancée… Quelle ne fût pas ma surprise…

Providence Dupois, factrice au quotidien plutôt bien rangé, se retrouve coincée à l’aéroport d’Orly. L’avion qu’elle devait prendre pour aller chercher sa fille adoptive Zahera au Maroc ne peut décoller. Un volcan islandais s’est réveillé, crachant un grand nuage de cendres empêchant toute visibilité. Pourtant, l’urgence est réelle, Providence doit ramener Zahera en France pour mieux la soigner contre la mucoviscidose, une terrible maladie qui ravage ses poumons. Ce fameux nuage, grand comme la Tour Eiffel, qui comprime ses poumons et l’empêche de respirer… C’est alors qu’une solution aussi improbable que providentielle s’offre à elle : apprendre à voler, pour rejoindre le Maroc avant la fin de la journée et ramener la petite fille à temps en France. Providence atteindra t-elle son objectif ?

Comme je vous le disais en introduction, j’avais quelques attentes au sujet de cette nouvelle lecture, d’autant plus que j’enchaînais directement les deux titres de l’auteur. Alors j’ai tourné les pages, j’ai fait la connaissance de Providence, de Zahera, du contexte, des péripéties qui se suivaient pour faire avancer l’histoire. Sachant que je suis quelqu’un de très terre-à-terre (trop, même), j’étais un peu dubitative sur l’histoire. Un être humain qui vole, et puis quoi encore ? Voilà une affaire qui semblait mal partie ! Cependant, je me suis laissée prendre au jeu, parce que je commençais réellement à m’attacher aux personnages, et puis je me suis mise à chercher des interprétations à tout cela. La puissance de l’amour maternel qui donne des ailes, qui permet de réaliser l’impossible, un peu de fantaisie dans ce monde de brutes, ça ne fait pas de mal ! J’ai poursuivi, curieuse de connaître le fin mot de l’histoire. Qui plus est, sans trop en dire, le suspense autour de la quête de Providence n’est pas la seule chose qui nous pousse à aller vers la fin. Et quelle claque je me suis prise ! Pas le genre de claque douloureuse, qu’on pourrait associer à une grosse déception. Non, ça a été tout le contraire, c’était le genre de claque qui fait passer le ressenti qu’on a d’une lecture à un stade supérieur, un stade qui mène droit au coup de cœur ! Je n’en dirais pas plus, bien que l’envie soit là, car je n’ai vraiment pas envie de vous gâcher votre lecture, mais franchement, j’étais stupéfaite. L’histoire, l’angle de narration choisi par l’auteur prennent alors tout leur sens…

Concernant le style de ce roman, j’ai retrouvé quelques ingrédients que j’avais savouré lors de ma lecture de L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa : de l’humour qu’on retrouve grâce aux mêmes effets de style, de la tendresse qu’on ressent pour chacun des personnages acteurs de cette histoire… Comme dans son précédent roman, j’ai eu l’impression que Romain Puértolas prenait un certain plaisir à jouer avec les codes de l’écriture romanesque, en glissant sur le terrain de la dérision. Des petits clins d’œil à ce fameux fakir sont d’ailleurs semés ici et là. Mais j’ai aussi constaté une différence majeure : malgré l’humour, l’histoire se veut un peu plus grave, c’est indéniable.

Je n’ai plus qu’une chose à vous dire : lisez ce livre jusqu’à la dernière page, vous ne devriez pas êtres déçus !

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