L’écume des jours – Boris Vian

C’est suite à la sortie récente du film tiré de ce roman que l’idée m’est venue de lire L’écume des jours, de Boris Vian (publié en 1947, réédité il y a peu par Le Livre de Poche, à l’occasion de la sortie du film en salles). Un classique, semble t-il. Difficile alors de passer à côté sans passer pour une inculte (ou presque !). Hop, ni une, ni, deux, je l’emprunte à la bibliothèque et me lance dans cette nouvelle lecture. Evidemment, je connaissais déjà, de réputation, Boris Vian, ainsi que quelques unes de ses œuvres, sans pour autant l’avoir déjà lu (le seul élément concret que je connaissais de lui, c’était sa chanson, Le Déserteur).

L'écume des jours - Boris Vian

© Le Livre de Poche

Au début de ce roman, on fait la connaissance de Colin, un jeune homme de vingt-deux ans, vivant dans le faste, sans pour autant travailler. On découvre également son meilleur ami, Chick, qui travaille en tant qu’ingénieur. Un meilleur ami dépensier, terriblement passionné par l’oeuvre de Jean-Sol Partre (vous aurez vite fait d’identifier la référence à un célèbre philosophe, contemporain de Boris Vian). A l’occasion d’un repas, Chick apprend à Colin qu’il a rencontré Alise, une jeune femme passionnée de Jean-Sol Partre, tout comme lui (et accessoirement la nièce de Nicolas, le cuisinier de Colin). C’est à l’issue de cette confidence que Colin réalise une chose : lui aussi veut être amoureux. Son désir ne tardera pas à se réaliser, en rencontrant Chloé, une belle jeune femme qu’il finira par épouser.

Mais rapidement, Chloé tombe malade… Un nénuphar se développe dans son poumon droit, et l’empêche progressivement de respirer. Et c’est tout un univers construit autour du couple qui, petit à petit, se délite…

Durant les premières pages, l’univers fantastique et absurde dans lequel s’intègre l’histoire m’a déroutée : un espace temps modifié, des éléments complètement en avance sur leur époque… Pas fan de ce type d’histoires en temps normal. J’ai quand même continué, car au fil des pages, je me suis liée aux personnages, et je suis tout à fait parvenue à plonger dans ces scènes et ce monde improbables.

Impossible de rester insensible à l’oeuvre de Boris Vian, dès lors qu’on s’y essaie. Les nombreux exercices de style donnent du relief et de l’intérêt au roman. Passer par tous les styles de langages, du plus soutenu au plus familier ; s’autoriser l’utilisation de néologismes nouveaux ; passer de l’ironie à de belles émotions… Ce sont tout autant d’éléments d’écriture à souligner, tant l’exercice est brillamment relevé.

A noter également, les multiples références au monde du jazz US, très apprécié de Boris Vian. De manière sous-jacente, le lecteur peut aussi relever à travers les écrits de l’auteur une certaine image qu’il se faisait de la société de l’époque (de l’Eglise, du travail…).

En bref, un roman très riche, qui met en scène des personnages aux caractéristiques des plus banales, dans un univers à la fois surréaliste et poétique. A découvrir, si ce n’est déjà fait…

(Aparté) Comme je le précisais au début de cet article, je n’ai pas encore vu le film. Comment retranscrire tous ces décors, sans tomber dans le loupé ou dans l’excès ? Comment ancrer l’irréel dans un monde rationnel ? Malgré un casting en or, j’ai quelque peine à concevoir le rendu du contenu sur images… L’avez-vous vu, et qu’en avez-vous pensé…? A vos claviers ! 🙂

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6 comments

  1. mithrowen a dit :

    Je ne l’ai pas encore vu et j’hésite car j’avais vraiment aimé le roman. J’ai un peu peur de voir l’oeuvre « gâchée »…Mais je pense que je le verrai prochainement, ma curiosité est trop forte !

    • Lis-moi si tu veux a dit :

      De ce que j’ai lu, c’est le côté « too much » qui en est ressorti…
      Idem, je pense aussi que ma curiosité l’emportera ! Je tenais à le lire avant de le voir, mais du côté de chez moi, il n’est plus programmé !

    • Lis-moi si tu veux a dit :

      Selon moi, on aime ou on n’aime pas. C’est un univers tellement surréaliste (mais aussi poétique) qu’il faut pouvoir arriver à se le représenter. J’ai trouvé les personnages attachants, et c’est ce qui m’a poussé à continuer… Bonne lecture ! 🙂

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