Les lisières – Olivier Adam

Parmi les romans sortis lors de la dernière rentrée littéraire, Les lisières, par Olivier Adam, faisait indéniablement parti des titres que je voulais absolument lire. Paru aux éditions Flammarion, ce roman figure au top 10 des ventes actuellement. Je viens par ailleurs tout juste de découvrir qu’Olivier Adam, avec Les Lisières, vient d’être plébiscité par les libraires via leur palmarès 2012 (article paru sur le site de Livres Hebdo, une revue professionnelle, à lire ici). Mais pourquoi ce roman suscite-t-il autant d’intérêt chez les lecteurs et lectrices que nous sommes ? C’est à cette question que je vais tenter de répondre, en vous présentant un bref résumé (peut-être pas si bref que ça en fait), accompagné de mon avis à chaud sur cette lecture que je viens tout juste de terminer.

Olivier Adam - Les lisières - FlammarionCrédits photo : David Ignaszewski / Koboy  © Flammarion

Résumé

Paul Steiner, écrivain, est amené à rendre visite à ses parents, suite à l’accident et à l’hospitalisation de sa mère. Il est séparé de sa femme Sarah, avec laquelle il était partie s’installer et fuir sa précédente vie en Bretagne avec leurs deux enfants, Manon et Clément. Ce voyage sera pour lui l’occasion de se replonger dans un passé à la fois douloureux et lointain à V., ville de la banlieue parisienne qu’il méprise, avec laquelle il avait rompu tout lien, en dépit du fait qu’il y ait grandi. Paul avait tout reconstruit autour de sa femme et de ses deux enfants, mais sa manière de vivre en « périphérie », comme il le décrit, a fini par avoir eu raison de leur couple. Ce retour sera prétexte, pour le personnage, à se replonger dans ses souvenirs d’enfance, familiaux, amicaux et sociaux. C’est aussi à travers ce contexte que sera peint le portrait d’une société en proie à des changements sociaux, politiques et culturels, comme la montée du Front National, à laquelle son père semble se rallier sous des arguments qui tendent à être communément admis par une population grandissante. On revit aussi à travers ses yeux le terrible tsunami qui a dévasté une partie du Japon en mars 2011, pays que Paul Steiner affectionne tout particulièrement. Une confrontation entre le passé et le présent, qui offrira peut-être l’opportunité à Paul de faire le bilan de son existence, de trouver sa place, lui qui à toujours vécu en lisière de tout, de lui-même, de la ville, de la vie…

Mon avis

Ce que j’ai avant tout apprécié à travers ce roman, c’est le style d’écriture adopté par Olivier Adam. Un style plutôt atypique, qui sort de la simple construction grammaticale de base, avec des phrases qui se déroulent au rythme du fil de sa pensée, tantôt d’un seul trait ou presque, tantôt par bribes. Autre point que j’ai fortement apprécié, la place accordée aux descriptions, qui selon moi permettent à l’auteur de faire passer des émotions à travers les mots, en tentant de faire ressentir à son lecteur des émotions suscitées par chacune des situations, chacun des contextes décrits. Le portrait de la société dans laquelle s’insère le roman est par ailleurs fidèle à la réalité, ce qui ajoute sans aucun doute un réalisme frappant au roman. La première partie, consacrée à son retour à V., permet de faire connaissance avec le personnage, sa famille, ses anciens amis, sa situation actuelle, faits expliqués par diverses digressions dans le passé, qui le ramène cependant toujours au présent, et vice-versa. La deuxième partie s’enchaîne un peu plus rapidement, avec son retour en Bretagne, et son quotidien douloureux face à une femme et à des enfants qui lui échappent. Une deuxième partie par ailleurs ponctuée par l’intrusion d’une facette de sa vie et de son passé à V., qui le conduira à se replonger dans les sentiments d’un amour de jeunesse désormais passé. Il est facile pour le lecteur de s’identifier, de près ou de loin, au personnage pourtant plein de contradictions de Paul Steiner, de passer par les émotions qu’il traverse. Je me suis souvent (pour ne pas dire tout le temps) surprise à matérialiser le personnage sous les traits même d’Olivier Adam, car nombre d’éléments nous ramènent à son parcours. Son double de papier, comme le supposent certains médias qui utilisent cette expression pour qualifier l’ambivalence évidente entre l’auteur et son personnage.

C’est la première fois que je lisais un roman de cet auteur, à travers son dernier roman. Et ce n’est surement pas la dernière…

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