Une partie de chasse – Agnès Desarthe

Se glisser dans la peau d’un lapin pour aborder le sens de la vie animale, et le comparer au sens de la vie humaine? C’est ce qu’a tenté Agnès Desarthe, avec le roman Une partie de chasse. Publié aux Editions de l’Olivier en août 2012, faisant partie de la sélection foisonnante de la dernière rentrée littéraire d’automne, ce roman a notamment reçu le prix 30 Millions d’Amis, surnommé le Goncourt des Animaux, la même année.
Une partie de chasse - Agnès Desarthe

Résumé

Tristan et Emma forment un jeune couple et viennent de s’installer dans une vieille maison, dans un nouveau village, après avoir quitté l’Angleterre sans argent. Emma suggère à Tristan de se rendre à une partie de chasse organisée par les hommes du village, Dumestre, Farnèse et Peretti, dans l’objectif de s’intégrer socialement. Pas très enjoué à cette idée, Tristan s’y rend quand même, avec l’intention sous-jacente de ne pas tuer d’animal. Au début de cette partie de chasse, un coup de fusil part, Tristan touche un lapin, mais ne le tue pas. Il le cache dans sa gibecière et continue sa route avec les trois autres hommes. Mais malencontreusement, Dumestre tombe dans un trou relativement profond, et Tristan est désigné pour rester à ses côtés pendant que les deux autres s’en vont chercher du secours. C’était sans compter sur la terrible tempête qui menace désormais de s’abattre sur la forêt et le village, et les révélations qui ne vont cesser de se présenter au lecteur, sur Tristan, mais pas seulement…

Mon avis

C’est tout d’abord une belle entrée en matière que je tiens à souligner. Avec le premier chapitre, le lecteur découvre progressivement la conscience et les pensées du lapin que Tristan s’apprête à toucher d’un plomb dans le museau. Accompagnant Tristan qui l’a dissimulé dans sa gibecière, doué de pensée, ce lapin et Tristan échangent de manière spirituelle sur le sens que chacun accorde à la vie. Alternance de chapitres sur le passé, la jeunesse de Tristan et de passages axés sur le retour à la situation présente, le lien qui les rapproche semble pourtant évident, et le tout mènera le lecteur à suivre Tristan faisant au fur et à mesure table rase du passé. Le style d’écriture est clair, rythmé, voir incisif à certains endroits. Ce qui est également appréciable, c’est qu’Agnès Desarthe laisse une part de surprise au lecteur. Il ne peut s’attendre à deviner ce qui se joue réellement à travers cette partie de chasse, et entre Tristan et Dumestre. Sans en dévoiler la teneur, la fin du roman nous laisse sur une belle image, revenant au lapin qui a suivi Tristan tout au long de sa prise de conscience… Petit bémol : ce roman aurait mérité quelques pages supplémentaires, afin de laisser entrevoir au lecteur ce que sont devenus les autres personnages…

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